Vocation et sacerdoce

N°10 - Février 1962

« Le missionnaire sait qu'il coopérerait aussi efficacement au Royaume s'il s'enfermait dans un cloître qu'en s'adonnant à la prédication. Il ne choisira pas sans qu'un signe divin ne lui manifeste sa vocation » (Ch. Couturier, Mission de l’Église, février 1961, p. 13).

Voilà bien posé, pour le missionnaire, le problème général de la vocation. Aussi, avant d'aborder dans un prochain numéro la question de la vocation missionnaire, avons-nous jugé opportun de réfléchir sur la nature de la vocation.

Le sujet certes a été abondamment débattu au cours des dernières années. Nos chroniques et nos tableaux bibliographiques en témoignent. Nous ne croyons cependant pas que tout ait été dit. A Toulouse, en avril 1961, s'est tenu un congrès tout entier consacré à la pastorale des vocations. Nous regrettons qu'on n'y ait pas fait plus de place aux exposés doctrinaux car plusieurs observateurs en ont tiré l'impression « qu'au fond, la théologie de la vocation n'était peut-être pas aussi ferme qu'on le pensait » (Prêtre et Apôtre, mai 1961, p. 145).

De toute façon on semble avoir principalement étudié jusqu'ici les éléments externes ou objectifs de la vocation : aptitudes du sujet, besoins et appel de l’Église. C'est Mgr Garrone qui nous le dit : « La littérature de la vocation, surtout orientée jusqu'ici dans une direction pratique - discerner et cultiver les vocations - s'est attachée davantage aux aptitudes (...) et aux « contre-indications » qui sont l'envers de la même chose. Elle s'est moins appliquée à donner de la grâce qui achève les indications des aptitudes (qui permet à ces aptitudes de reconnaître leur destination secrète dans le dessein de Dieu), une représentation précise et concrète » (Vocations, mars 1960, p. 114).

Sur ce point, Libermann peut nous aider à voir clair. Et comme il a passé la moitié de sa vie au sein du judaïsme (1802-1826), et la moitié du reste (1827-1839), auprès de maîtres sulpiciens et eudistes, il était normal de jeter sur sa doctrine l'éclairage de l'Ancien Testament et celui de l’École française. Ces articles ont d'ailleurs leur intérêt en eux-mêmes.

Spiritanus

Vocation et sacerdoce

Sommaire

JOSEPH GROSS : La vocation dans l'Ancien Testament
JEAN COLSON : Les trois degrés de l'ordre dans la tradition apostolique
PAUL COCHOIS : L'état de prêtrise, vocation à la sainteté, d'après Bérulle
Textes sulpiciens inédits de MM. CONSTANT ET GARNIER : Le rôle de l'attrait dans la vocation
ATHANASE BOUCHARD : L'appel intérieur de Dieu dans la doctrine de Libermann
JEAN-LOUIS LUNOT : La vocation dans l'économie de la grâce

LIVRES ET CHRONIQUES
par P. BLANCHARD, ATH. BOUCHARD, P. SIGRIST, F. VALLERYRADOT, E. VAUTHIER

Vers un renouveau de la pastorale des vocations (Bilan de dix années)
On nous parle du sacerdoce
Figure de prêtre, l'abbé Huvelin
Prêtre et femme

PRINCIPAUX AUTEURS RECENSÉS

Algisi (111) - Ahaner (110) - Bertrams (98) - Bouyer (94) - Cristiani (106) - Dillenschneider (91) - Gay (89) - Hostie (109) - Laplace (96) - Louis-Lefebvre (101) - Mosshamer (105) - Pintard (99) - Protat (95) - Ravier (110) - Sans Vila (107).