Des missionnaires s'expriment

N°100 - Septembre 1985

A l'occasion de « l'année de la Jeunesse » la Commission Episcopale Française des Missions à l'Extérieur (CEME) a décidé de prendre la Vocation Missionnaire comme thème d'animation et de réflexion.

Que signifie aujourd'hui, en 1985, cette phrase qui sera affichée dans tous les diocèses de France : « Jésus t'appelle, va, quitte ton pays » ? Comment parler à des communautés chrétiennes, et parmi elles à des jeunes, de la permanence et de la nouveauté de l'appel missionnaire ? Une équipe de prêtres et de laïcs a réalisé des documents pour aider à une réelle réflexion ; des représentants d'instituts missionnaires ont bien entendu été associés à leur préparation.

Il nous a semblé important, à Spiritus, de contribuer à la recherche entreprise, en interrogeant un certain nombre de missionnaires exerçant leur ministère sur le terrain :

Comment voient-ils eux-mêmes leur propre vocation ? Comment évolue-t-elle au contact des réalités si diverses qui sont celles de la Mission d'aujourd'hui ? Quelles sont leurs aspirations, leurs joies, leurs difficultés ? Nous pensons qu'un dossier présentant les réponses à de telles questions aura de l'intérêt autant pour les missionnaires eux-mêmes que pour tous ceux et celles qui, dans nos Eglises d'origine, s'interrogent sur ce que nous sommes et ce que nous vivons ?

Il n'est pas facile en fait de poser les bonnes questions - ni trop ouvertes, ni trop fermées, ni trop inductives - sur un sujet si impliquant ! Aussi nous sommes-nous fait aider par un psychosociologue, M. Olivier Cotinaud, afin d'élaborer avec lui une liste de questions qui puisse faciliter la réponse de chacun sans l'influencer. Nous avons envoyé le questionnaire à 420 missionnaires, membres des dix instituts co-éditeurs de Spiritus, et à 30 prêtres Fidei donum. Leurs adresses nous ont été communiquées par les différents Instituts (ou par la CEME, pour les Fidei donum). Il y a eu un certain hasard dans la sélection des personnes interrogées, dans la mesure où l'on n'avait précisé aucun critère pour le choix des correspondants. Il semble à lire les réponses, que l'on a donné les noms de missionnaires à la fois heureux de vivre leur vocation et susceptibles de répondre volontiers et sans trop de délais à notre enquête.

Nous avons reçu 174 réponses. Autrement dit près de la moitié (42 %) de nos correspondants ont répondu, et en prenant le temps nécessaire de le faire avec soin, aux 26 questions qui leur étaient posées.

Le pourcentage exceptionnel des réponses montre que le sujet rejoint assez bien - semble-t-il - les différents points sensibles dans lesquels s'exprime aujourd'hui la vocation missionnaire (du moins en Afrique et en Asie, les pays où résident la plupart de ceux qui ont répondu).

Il n'est pas possible de citer toutes les réponses, ni d'aborder et encore moins d'approfondir, dans ce premier numéro, toutes les questions qu'elles soulèvent. Nous cherchons d'abord à discerner ce qui fait l'objet d'un certain consensus, tout en tenant compte des tendances principales.

Peut-être aurons-nous des réactions face à la synthèse que nous tentons de faire ; nous le souhaitons d'ailleurs ! Une grille de lecture est toujours partiellement subjective et l'on pourra nous reprocher d'avoir minimisé ou mal traduit certains aspects importants de la vocation missionnaire : que l'on nous écrive en ce cas ; le débat qui pourra s'en suivre risque d'être un des apports les plus riches du dialogue amorcé par cette enquête. Pour la nouvelle équipe de Spiritus l'envoi du questionnaire a eu en effet le précieux avantage de lui permettre un premier et large contact avec des missionnaires de nombreux pays ? Leurs réponses lui fournissent une mine de sujets de réflexion qui seront repris et approfondis par la suite.

C'est ainsi que pour le prochain numéro de Spiritus nous demanderons à des évêques, des théologiens, des responsables d 'instituts missionnaires de nous donner leur point de vue sur les principales questions abordées ici.

Nous remercions M. Olivier Cotinaud pour sa collaboration précieuse dans la réalisation de ce numéro. Son article nous explique la méthode employée, en y ajoutant un regard très fraternel porté à la fois du dedans et du dehors sur ce que nous vivons.

La table ronde dans laquelle des jeunes s'expriment sur le même sujet que leurs aînés, de même que l'article d'André Roustan sur les réponses données par les prêtres Fidei donum, sont également d'autres regards qui permettront comparaisons et rapprochements. Ces points de vue se complètant sans s'opposer, renforcent la conviction qui est la nôtre de travailler partout à une unique Mission. N'est-ce pas un des objectifs de Spiritus de permettre à tous ceux qui travaillent au service de la Mission de communiquer entre eux et de se rapprocher ?

Spiritus

Des missionnaires s'expriment

Sommaire

DOSSIER : DES MISSIONNAIRES S'EXPRIMENT

Présentation
Olivier Cotinaud : Remarques sur la méthode
Des hommes, des femmes heureux
Qu'est-ce que la Mission ? Convictions théologiques
Actualité de la Mission à l'extérieur
Le missionnaire et son Eglise d'origine
Des interrogations
Le missionnaire : Serviteur
Thèmes de réflexion
André Roustan : Les Fidei donum, des missionnaires pas comme les autres
Daniel Mellier : Table ronde avec des jeunes